Quid de Seria Ludis

Auteur, Game designer, consultant formation , j'ai réalisé plusieurs projets ludopédagogiques, participé à des concours de créateur, édité un jeu, "Termik" et j'édite un projet chez Funforge". Dans Seria Ludis, je vous propose de découvrir mes avis, mes projets et ma contribution au monde du jeu et de la formation.

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dimanche 29 janvier 2017

Jeu change tout

Un petit tour d'horizon sur ce que 2016 a changé dans la relation entre jeu et formation.
Alors que les professionnels de la formation s'interrogent sur l'optimisation de l'apprentissage, un constat rassemble la communauté : le plaisir garantit l'efficacité de la formation.
Ce constat Lego le géant du jeu pour enfant l'a surement effectué en subventionnant un poste de professeur de Lego à l'université de Cambridge pour étudier l'utilisation du jeu en apprentissage. (L'article du Monde de juin 2015)
Ceci explique surement l'engouement pour le jeu en formation.
Le jeu est moteur d’émotion.
Grace au jeu, le joueur découvre le frisson de la compétition. Il s’impose des défis individuels. Le jeu permet de changer de rôle. Le jeu nous place dans une situation de perte de contrôle. Il favorise les échanges sociaux. Il introduit les notions de fatalité et de hasard.
L'année écoulée fut marquée par l'engouement pour le jeu pervasif Pokemon Go. Son succès malgré un scénario simpliste a changé notre relation à l'environnement, au virtuel, au mobile. Confirmation de l'impact du jeu sur notre vie quotidienne, le jeu s'est invité dans notre intimité.
D'autre part les serious game ont investi le monde de la santé. Qu'il s'agisse de dispositif de simulation pour former les praticiens ou de jeux thérapeutiques, c'est un marché d'une ampleur considérable qui s'ouvre aux développeurs.
Bien sur il faut aussi considérer l'engouement pour l'occulus rift et l'immersion en réalité virtuelle qui devient de plus en plus accessible, permettant de simuler des situations complexes et scénarisées en 3 dimensions.
En 2016, le marché des jeux vidéos représentait plus de 96 milliards de dollars soit près de 5% d'augmentation par rapport à 2015. Les prévisions tablent sur près de 120 milliards de CA pour 2019 avec une part toujours croissante des jeux vidéos sur mobiles passant de 25 % en 2015 à près de 35 % en 2019. (plus d'information ici )
Enfin le phénomène E-Sport a franchi nos frontières, désormais près de 7,5 millions de fans en France suivent les diffusions de jeux vidéos en ligne. Des événements IRL (In real life) rassemblent des joueurs un peu partout en France au cours d’événements comme la Prism Party HS#2 qui se tient à Lyon du 17 au 19 février. (La prism party)
Comme vous l'avez compris, jouer c'est du sérieux.
C'est pourquoi pour cette année 2017, je vous souhaite les meilleurs jeux et plein de plaisir ludique !

jeudi 22 septembre 2016

Formation, 3 jeux qui n'en sont pas







(source image de titre http://www.cea.fr/comprendre/enseignants/Pages/activites/jeu-de-l-oie-energies.aspx)
Et pourquoi il ne faut pas les utiliser en formation.
Qu'est ce qu'un jeu ?
Définir ce qui fait un jeu est un exercice complexe. La plupart des chercheurs s’entendent pour dire qu’il est plus facile de définir les actions qui prennent place dans le jeu (play) que l’objet jeu lui-même (game).
Pour moi, le jeu est une activité de loisir soumise à des règles conventionnelles (contraintes) qui place le joueur dans une situation de choix (tentation) à seule fin de se divertir (satisfaction).
Je considère qu’en l’absence d’un des 3 facteurs clefs du jeu : la satisfaction, la tentation, ou la contrainte une activité ludique n’est plus un jeu.
Les 3 exemples suivants sont des "jeux" grands publics souvent mal adaptés au contexte de formation

Le jeu de l’oie

Si son origine se perd dans l’antiquité, il est à noter que le jeu de l’oie est un jeu de hasard pur, absolument exempt de choix personnel.
Les actions du joueur sont limitées à un jet de dé. Le résultat obtenu, le joueur déplace un pion sur une spirale composée de cases qui chacune comportent une indication qui à son tour  affectera le déplacement du pion du joueur.
Le joueur n’a aucune prise sur le hasard. Opposé à un adversaire ce n’est pas sa compétence personnelle qui lui permet de triompher mais la chance d’avoir un meilleur résultat.
Comment améliorer le jeu de l’oie ?
  • En jouant sur le plateau : En changeant la forme du plateau par le rajout de croisements qui permettent au joueur de choisir son chemin.
  • En jouant sur le hasard :
  • En donnant au joueur plusieurs dés et en lui demandant de choisir combien de dés il lance à chaque tour, quel dé il garde… Les dés utilisés étant défaussés. Le joueur regagne des dés quand il répond correctement à une question.
  • En utilisant des cartes à la place des dés. Prenez des cartes de valeur 1 à 6 donnez à chaque joueur en ensemble de 4 sets de 6 cartes. Au début de la partie le joueur pioche 3 cartes qui représentent ses options de jeu. Le joueur choisit une carte pour faire progresser son pion. Quand il a fini son tour il complète sa main à 3 cartes.
  •  En remplaçant le hasard par la compétence, chaque réussite à une question permet de gagner des points qui permettent de progresser sur le plateau.
Quand utiliser le jeu de l’oie en formation ?
Chaque fois que le hasard, le destin ou la fatalité préside les actions de l’apprenant (donc jamais j’espère).
Une petite citation de Stephen Hawking  : « J’ai remarqué que même les gens qui affirment que tout est prédestiné et que nous ne pouvons rien y changer regardent avant de traverser la rue. »

Le Trivial Pursuit :

 (source image http://www.promeo-formation.fr/trivial-pursuit-industrie-picardie/)
Beaucoup plus récent, cette référence du jeu de question souffre de son plus gros avantage, la diversité. Ici encore le choix est réduit à sa plus simple expression, lié au jet d’un dé, il est difficile (voir impossible) de contrôler le déplacement du pion.
Pour gagner au Trivial Pursuit il est nécessaire de disposer d’une excellente culture générale. Cette notion est renforcée par la multitude de question qui compose souvent ce type de jeux.
Ce jeu ne produit pas la connaissance, il l’évalue. Ce qui ne correspond qu’à une part des objectifs de formation dont la finalité est de diffuser, partager, améliorer et évaluer la connaissance.
L’évaluation de la connaissance par un questionnement est fréquente en formation. Mais pour devenir formative l’évaluation doit permettre au joueur d’améliorer sa compréhension du problème posé.
Le Trivial Pursuit ne concède qu’une réponse précise à une question précise.
Comment améliorer le Trivial Pursuit :
  • En proposant des questions à choix multiple
  • En demandant à tous les participants de proposer une réponse et en demandant à chacun d’évaluer la meilleure réponse.
  • En changeant le paradigme, passant de la culture à la rapidité. Avec peu de questions posées à l’ensemble des joueurs,  le plus rapide l’emporte. Quand  les questions sont épuisées elles sont mélangées et réutilisées. Le joueur le plus rapide l’emporte toujours (ainsi les réponses aux questions clefs sont connues de tous).
Quand utiliser le Trivial Pursuit en formation ?
L’utilité du Trivial Pursuit est limitée à l’évaluation. En amont d’une formation elle permet de faire le point sur les axes d’amélioration, en aval elle permet de déterminer le niveau de connaissance des participants.  Le Trivial Pursuit peut donc être utilisé en complément d’un dispositif de formation mais pas comme support de la formation.

Le Monopoly


Voici un excellent exemple de thématique étrange pour le Monopoly.
Le Monopoly est surement l’un des jeux les plus connus au monde, avec plus d’un milliard de joueurs depuis sa création, il permet à ses adaptateurs de s’affranchir des règles du jeu (qui restent cependant assez complexes) car tous les utilisateurs ont une idée des règles du jeu (souvent leur propre idée).
Revenons un peu aux origines de ce jeu célèbre. Sa créatrice Elizabeth Magie voulait créer un jeu de société ayant pour but de montrer la « nature antisociale du monopole sur le sol ». Avec un objectif aussi affiché, le Monopoly s’écarte de la définition d’un jeu. Cette activité de loisir a une fin autre que le plaisir du participant. Le jeu par ses mécaniques, illustre le postulat de sa créatrice et invariablement il produit un vainqueur qui s’est enrichit au détriment de tous les autres joueurs.
Comment améliorer le Monopoly :
Toute modification du Monopoly entrainerait une transformation du sens de ce jeu.
Quand utiliser le Monopoly en formation ?
Chaque fois qu’il est nécessaire de présenter une situation de monopole absolu en commerce.

En conclusion

Il n’est pas rare de voir des adaptations plus ou moins heureuses de standards du jeu. La motivation à l’origine de ces adaptations approximatives m’interroge. Les créateurs de ces dispositifs ce sont-ils posé la question de l’intérêt ou de l’efficacité du jeu pour exprimer leur contenu pédagogique ?
Utiliseriez-vous un jeu vidéo de tir à la première personne pour apprendre à vendre des parfums dans une boutique de luxe ?
(Merci aux plus courageux d'entre vous qui êtes arrivés à la fin de cet article !)

3 utilisations des Lego en formation

Il n’est plus nécessaire de présenter la petite brique danoise inventée dans les années 30 à Billund. Unité fondamentale de la construction de l’imaginaire, la brique Lego est un incontournable des jeux d’enfants. Les codes qui lui sont associés sont connus de tous, rien de plus simple que d’associer deux briques l’une à l’autre. Du fait même de cette simplicité, renforcée par une diversité remarquable, la brique Lego s’invite dans la formation.
Je vous propose de découvrir 3 utilisations originales de la brique jaune en formation.

Lego Serious Play, est un dispositif complet pour faciliter la prise de parole et l’interaction des joueurs autour d’une problématique définie.
Les activités Serious Play sont souvent décomposées en 3 phases :
  • Individuelle, chacun utilise son sachet individuel de Lego pour se représenter dans l’entreprise.
  • Collective, chacun utilise les éléments lien Lego pour connecter sa construction avec celle des autres collaborateurs.
  • Constructive, intégrant la position de chacun, leurs liens communs, il devient possible de co-construire une réponse à une problématique spécifique de l’entreprise.
Chaque étape est elle-même découpée en trois phases :
  • Construire, à l’aide des briques Lego, en 3 dimensions donner corps à nos idées
  • Partager, expliquer nos constructions aux autres collaborateurs
  • Réfléchir, imaginer, proposer, concevoir une réponse commune basée sur les constructions de tous
Il existe 3 niveaux de kit Lego Serious Play, tous disponibles sur la boutique Lego. Lego recommande de pratiquer les séances de résolution de problématique avec un facilitateur certifié de la méthode Serious Play. Toutefois il existe de nombreux sites et une communauté active de pédagogues qui partagent leurs conseils sur l’utilisation des Lego Serious Play.

 
Des Lego pour comprendre les processus logistiques et supply chain.
Grâce aux Lego il est possible de formaliser n’importe quel concept industriel de fabrication.
Prenons l’exemple d’une chaine de production automobile. Pour construire un véhicule il faut : des pièces, des stocks, des commandes, un approvisionnement, un schéma de montage, une vérification de la qualité. Tous ces postes de la chaine logistique menant à la réalisation d’un véhicule sont réalisables en Lego. Ils permettent de simuler les interconnexions des fonctions complémentaires de la chaine logistique et permettent de faire émerger l’importance d’une vision d’ensemble.
 
Des Lego pour simuler des situations de leadership et de gestion de crise.
Les parents qui ont offert un jour des Lego à leurs enfants sont passés par ce dur moment de l’abandon devant la difficulté. C’est alors posée la question de la posture à adopter pour aider votre enfant.
Comment avez-vous procédé ? L’avez-vous menacé de réaliser le montage à sa place ? Lui avez-vous trié les pièces pour faciliter sa tâche ? L’avez vous encouragé à trouver des solutions par lui-même ? Avez-vous réalisé le montage avant de le démonter pour démontrer par l’exemple que la difficulté est surmontable ?
Vous avez fait l’expérience de leadership actif. Vous avez utilisé votre ascendant pour garantir le succès de l’objectif. Imaginez à présent que ce ne soit plus votre enfant mais une équipe de collaborateurs que vous deviez guider.
Vous devez réaliser un modèle Lego complexe, mettez en œuvre votre stratégie en vous appuyant sur les compétences de chacun.
Imaginez maintenant qu’il manque une pièce essentielle à la réalisation de ce modèle. Comment allez-vous atteindre votre objectif ?
La richesse des Lego en fait un support essentiel des Serious Game présentiels.

Pour aller plus loin
Certaines entreprises mettent à disposition des Lego pour faire une pause créative. Les Lego favorisent la créativité ils font le lien entre l’esprit et la main permettent de se concentrer sur une tâche précise dont l’objectif est connu et accessible. Vous aussi vous pouvez réveiller l'enfant qui est en vous et devenir un AFOL (Adulte Fan Of Lego) sinon vous pouvez toujours utiliser les Lego en formation.
Découvrez aussi le blog de mon fils legodam.blogspot.fr et découvrez ses furieux montages !

vendredi 5 août 2016

Le top 3 des jeux à utiliser en formation


(photo de présentation : un échantillon de ma ludothèque personnelle)

Les clients de la société de digital learning pour laquelle je travaille, me demandent souvent de leur faire des jeux inspirés des jeux grand public. Je ne vous surprendrais pas en disant que les jeux les plus cités sont : Le jeu de l’oie, le Trivial Pursuit, le Cluedo ou encore le Monopoly. Mon premier travail consiste donc à leur faire découvrir la richesse de l’univers ludique où j’évolue en leur montrant qu’il existe de très nombreux jeux, plus riches et plus inspirants que ceux précités.

Voyage au cœur de la bête ludique
Je vous propose de découvrir 3 jeux qui ouvrent, à mon sens, de nouveaux horizons et peuvent être utilisés en formation soit dans leur forme actuelle, soit comme inspiration pour créer de nouveaux jeux.

1) L’incontournable Timeline de Frédéric Henry,


La mécanique de base de Timeline est bien connue des enseignants d’école primaire : des cartes représentant des étapes chronologiques (de l’histoire de France par exemple) présentent sur une face une illustration et son nom et sur l’autre face la date. Sans regarder le verso de la carte à placer, le joueur la positionne avant ou après une carte de référence. Pour vérifier si le positionnement est correct, il retourne la carte.
Ce jeu, d’apparence simple, est idéal pour illustrer et reconstituer les étapes chronologiques d’un processus. Une fois toutes les cartes correctement repositionnées les joueurs ont le plaisir de découvrir l’intégralité de la time line de leur processus en un seul coup d’œil.
Pédagogiquement les avantages sont nombreux :
  • Les joueurs participent à la constitution du processus,
  • Ils sont autonomes et peuvent se corriger seuls,
  • En fin de jeu ils disposent d’une vue d’ensemble du processus.
2) Apprendre à négocier avec Chinatown,


Dans Chinatown, les joueurs incarnent une famille chinoise qui tente de monter des commerces dans le quartier de Chinatown.
Au début de chacun des 6  tours, les joueurs reçoivent des concessions (parcelles de terrain où installer leurs commerces) et des échoppes de nature diverses Dim Sum, antiquités, restaurants... S’ils réussissent à installer dans la continuité de leurs échoppes, des échoppes du même type, ils multiplient le rendement financier de celles-ci. A la fin de la partie le joueur le plus riche l’emporte.
Pour pouvoir obtenir les concessions ou échoppes désirées, afin d'accroitre son patrimoine, un joueur devra négocier avec les autres joueurs. il devra échanger ses propres concessions et échoppes avec les autres joueurs, tout est envisageable. Les joueurs peuvent s’entendre sur le prix d’achat d’une concession, sur son échange contre plusieurs cartes échoppes…
L’ensemble donne l’impression d’un joyeux bazar, mais seuls les joueurs les plus lucides perçoivent la valeur et l’intérêt d’un échange : quand proposer une négociation et quand se retirer.
Le jeu est utilisable en état mais peut très facilement est thématisé pour le monde immobilier, les linéaires de supermarché…
Pédagogiquement le jeu ne se suffit pas, il est nécessaire de prendre un temps d’échange pour comprendre quelles techniques d’influence ont été utilisées, pour décortiquer les comportements de chacune des parties d’une négociation. Véritable brise glace, ce jeu peut être utilisé en amont d’une formation sur les techniques de négociation.

3) La supply chain avec Space alert
Vous êtes un cadet de l’espace et  vous voilà aux commandes de l’une des fonctions d’une poubelle volante merveille de la technologie spatiale. Vous devez savoir que les différentes missions qui vous ont précédé ont toutes échouées, mais vous êtes bien préparés et puis que pourrait-il vous arriver, seuls dans l’espace face aux vaisseaux d’une civilisation agressive et inconnue ?
Le décor est planté. Space Alert est un jeu coopératif chronométré. Vous incarnez un des opérateurs du vaisseau, vous pouvez être affecté aux boucliers, aux lasers, aux générateurs ou au poste de commande. En suivant les indications d’une bande son, votre vaisseau va effectuer des rencontres spatiales (ou spéciales) météorites, forces antagonistes… Simultanément chaque joueur devra programmer une succession d’action en rapport avec son rôle. Ainsi pour alimenter les boucliers et les lasers l’opérateur affecté aux générateurs devra transmettre la bonne ressource au bon moment. Sans munitions pas de laser, sans énergie pas de bouclier.
Ce jeu bien plus complexe que les deux premiers que j’ai cité, représente en un temps très court, une dizaine de minutes, toute la difficulté de la hiérarchisation des actions dans une chaine d’approvisionnement logistique. Voici une petite vidéo humoristique qui présente rapidement le jeu.
Toute ressemblance avec des situations professionnelles connues ne pourraient être  que fortuite….

Cet article vous a plu ? Vous voudriez découvrir d'avantage de jeux ? Proposez moi vos problématiques professionnelles et j’essaierais de trouver un jeu grand public pour la traiter.

Cet univers vous intéresse ? Je vous propose de découvrir l'excellent site TricTrac qui regroupe l'essentiel de l'actualité ludique francophone et internationale.

vendredi 10 juin 2016

Bâtir la formation numérique de demain


A l'image de cette magnifique cathédrale du Mans c'est un bel édifice qui se construit entre chercheurs universitaire, laboratoire et société privée.

Cette semaine, entre le 7 et le 9 juin 2016, se tenait le 4ème séminaire du projet de recherche ANR JenLab.

Mais qu'est ce que le JenLab ?
JenLab est un programme de recherche portant sur les Jeux Epistémiques (supports du savoir) Numériques. Soit des jeux numériques qui permettent d'apprendre et d'apprendre mieux. http://jenlab.fr/



Du jus de cerveaux pour imaginer la ludopedagogie numérique de demain

Ce programme de recherche rassemble des acteurs du public, Université du Mans, ENS, des laboratoires : LIUM, LIRIS, ICAR et une entreprise du secteur privé Symetrix.
La recherche c'est bien beau mais à quoi ça sert ?
Ça sert à apprendre mieux, autrement, en engageant les élèves et stagiaires dans une démarche sociale et non déterministe ou chacun peut proposer des solutions pour atteindre l'objectif fixé.
Pour ce programme de recherche, basé sur l'expérimentation en situation, 3 jeux ont été créés.
Insectophagia, porté par l'ENS de Lyon et diffusé auprès de 4 lycées de l'académie de Lyon, propose aux élèves de devenir les gérants, fondateurs et gestionnaires d'une entreprise de production d'insecte. les enseignants partenaires utilisent ce jeu pour aborder des sujets aussi variés que l'économie, la biologie, la documentation...


Rearth, un jeu pour les Sti2d du LéA Aristide Briand de St Nazaire, propose aux élèves de parcourir l'univers à la recherche d'un nouveau monde habitable pour l'humanité en danger. Les enseignants de technologie, physique, mathématique ... peuvent ainsi illustrer des thématiques d'enseignement complexes (l’algorithmique, la robotique, la mécanique, le développement durable (ETT)...) par l'exemple et la mise en situation.


Historia, un dispositif de plateforme ultragamifié développé par Symetrix pour Generali, permet aux stagiaires de ce former sur 4 mois dans un univers persistant représentant l'évolution de la navigation à voile du 18ème siècle à nos jours.
Les 3 projets s'appuient sur la plateforme open source Moodle, pour favoriser les interactions entre utilisateurs.

les 3 projets utilisent une démarche de créativité originale basée sur des cartes de conceptions. Ces cartes divisées en 5 catégories (Ludique, Technos, Acteurs, Apprentissage, Social) associées les unes aux autres permettent d'imaginer le JEN, de le construire et de le partager. Associées les cartes forment un patron de jeu reproductible et utilisable par tous les enseignants.

Divers livrables sont prévus sur l'incubation des JEN, leur déploiement, leur utilisation auprès des élèves et stagiaires.

mardi 24 mai 2016

Gameplay,comprendre les constituants du jeu ?


Une quantité de matériel impressionnante, des règles complexes, comment définir le gameplay d'un jeu comme civilization ?

Le game play est l’expression des éléments qui constituent « l’expérience » ludique : Comment le jeu fonctionne (how the game plays ?). Il qualifie usuellement un jeu vidéo, mais son sens est naturellement élargi à tout concept ludique.
Il est constitué des règles traitant du matériel et de son utilisation, de l’environnement narratif dans lequel il s’inscrit, de la nature des objectifs et de sa capacité à engager, enthousiasmer et satisfaire le joueur.

Les composants du gameplay :
Pour comprendre les composants du gameplay il faut penser de façon convergente, à la manière d'un entonnoir partir de ce qui est le plus gros pour arriver au détail.
Les intentions du jeu : (Effet)
Pour chacun des acteurs et éléments du jeu il est nécessaire de définir son intérêt et la raison de son existence.
Le contexte : (Milieu)
Il caractérise l’environnement du jeu.
Les acteurs : (Main d’œuvre)
A qui est destiné le jeu ? Qui doit participer à son élaboration ? A sa diffusion ? A son animation ?
Les supports du jeu : (Matériel)
Quelle fonction ? Comment sont ils utilisés pour satisfaire les intentions du jeu ?
Les éléments du jeu : (Matière)
Quelles sont les ressources exploitées par le jeu ? (pions, cartes, supports)
Les mécaniques : (Méthode)
Comment les éléments du jeu sont ils liés ? Comment interagissent-ils ?


Le diagramme d’Ishikawa ou méthode des 5 M constitue un bon mémo pour s'assurer que toute les étapes sont traitées. Cette méthode met en évidence l’implication de chacune des composantes pour l’atteinte des intentions du jeu, l’effet escompté.
Être assuré de la bonne compréhension des règles du jeu c'est garantir à tous les joueurs une expérience de jeu optimale. Ce qui est vrai pour un jeu de plateau l'est aussi en formation.

lundi 2 mai 2016

Comment mieux former ses collaborateurs ?


La formation c’est long, ça coûte cher et c’est rarement efficace. Nous avons tous entendu un jour cette sombre litanie. Elle accompagne inlassablement toutes les innovations pédagogiques. Cette critique souvent étayée par de mauvaises expériences mérite une attention particulière.

La formation c’est long ?
Du présentiel d’hier au blended learning d’aujourd’hui, le marché de la formation a su évoluer pour proposer des solutions toujours plus synthétiques. Ces formations sont construites sur un modèle simple mais efficace. Ce qui est du domaine du savoir et de la connaissance peut être mutualisé sous forme d’apprentissage numérique. Ce qui est du domaine de la pratique et du savoir faire peut être traité en distanciel grâce à des dispositifs innovants et engageant tels que les Serious game, les Learning Game, le Story Telling, le vidéo telling ou encore les plateformes sociales de formation. Enfin le savoir être, se nourrit du rapport à l’autre et prend tout son sens lors d’ateliers présentiels de mise en pratique.


Grâce à ce découpage les formations complètes qui hier duraient plusieurs jours mobilisent les apprenants sur des périodes courtes, adaptées à leur rythme de travail. Les modules distanciels découpés en sections de 7 minutes maximum, peuvent être réalisés, par le stagiaire, à tout moment de la journée, entre deux missions professionnelles.
Les Learning game et serious game, un peu plus élaborés, permettent la sauvegarde de la progression de l’apprenant et peuvent être eux aussi réalisés entre deux missions quotidiennes. Enfin les présentiels qui traitent de l’essentiel de la pratique et du comportement, concentrés en séquences courtes de 45 minutes peuvent occuper une plage d’une demi journée.

La formation ça coute cher ?
En formation, la proposition est variée, des modules sur étagère de type rapid ou micro learning aux contenus sur mesure chacun peut trouver son bonheur. Pourtant ce problème est intimement lié au dernier problème, l’efficacité. En bref la formation c’est cher pour ce que ça apporte. Il est difficile d’évaluer le ROI d’une formation avant de l’avoir réalisée mais il est sur qu’une formation bien pensée, adaptée, voir sur mesure est plus efficace qu’une solution toute prête sur étagère.
Peut-on croire que former un représentant en produit pharmaceutique ce fait de la même manière que de former un vendeur de voiture, mais sans les roues ?

La formation c’est rarement efficace ?
Ce qui définit l’efficacité d’une formation c’est la persistance dans le temps et dans l’usage des éléments que l’apprenant a acquis. Dans un précédent post je parlais du mécanisme de mémorisation lié à l’émotion (pourquoi former par le jeu ?).
Pour garantir cette efficacité il est essentiel que l’apprenant soit engagé émotionnellement, mais plus encore il faut qu’il accède au niveau de formation nécessaire sans avoir à supporter des formations sur des sujets déjà connus.

Et si mieux former, c’était bien former ?
Au centre de cette question se trouve l’impact de l’évaluation préalable. Tous les apprenants ne sont pas égaux face aux savoirs.
Fort de ce constat, il faut imaginer des dispositifs innovants qui permettent au collaborateur de mesurer les écarts entre ce qu’il pense savoir et ce qu’il sait vraiment. Puis de lui proposer le niveau de formation adapté à son besoin.
En présentiel, ce type de dispositif permettrait à un animateur de cartographier son public pour renforcer le traitement des sujets, quand des insuffisances sont signifiées.
Il pourrait aussi identifier, dans l’assemblée, les personnes les plus qualifiées pour s’appuyer sur leur compétence et faire progresser plus rapidement l’ensemble du groupe.
En distanciel, ce fonctionnement permettrait de mobiliser les collaborateurs et de leur faire prendre conscience de leurs axes de progrès tout en leur suggérant des contenus adaptés à leur niveau de maîtrise du sujet.
En procédant ainsi, les formateurs, raccourciraient les durées de formation, limiterait les coûts de mobilisation du personnel, augmenterait la motivation des stagiaires et garantirait l’efficacité des formations.
Pour mieux former, évaluez !

lundi 4 avril 2016

Pourquoi former par le jeu ?


Former par le jeu reste l’un des moyens les plus efficaces pour assurer l’engagement des stagiaires.
Les émotions jouent un rôle fondamental dans la construction de nos souvenirs.
La formation a pour objectif d’ancrer efficacement dans la mémoire de l’utilisateur des informations.
Nous nous souvenons avec plus d'acuité de nos premières aventures amoureuses, de nos accidents, de nos deuils, de ce que nous faisions le 11 septembre 2001...
Et nous oublions au contraire plus facilement ce qui relève de la routine.
A l’origine de nos souvenirs se trouve l’émotion, notre capacité à être concerné. Se souvenir, c’est être impliqué.

Émotion + information = souvenir

Le jeu est un moteur d’émotion :
Par le jeu, le joueur découvre le frisson de la compétition. Il s’impose des défis individuels. Le jeu permet de changer de rôle et d’incarner nos fantasmes. Le jeu nous place dans une situation de perte de contrôle. Il favorise les échanges sociaux. Il introduit les notions de fatalité et de hasard.

Jeu = émotion


Quand utiliser cette modalité pédagogique ?
Les jeux sont par définition interactifs.
Par leur diversité, ils intègrent les cursus de formation. Dans un parcours blended ils servent de trame pour orchestrer les temps forts de formations et les temps plus faibles de relâchement qui caractérisent une formation réussie.
Leurs objectifs sont :
  •     De faciliter l’appréhension d’un contenu pédagogique varié,
  •     De faciliter l’immersion,
  •     D’engager et de motiver  l’apprenant,
  •     De créer un temps de partage, d’échange ou de détente au cours de la formation
Identifier le besoin dont la réponse est un jeu
Les jeux de formation sont proposées chaque fois qu’une demande spécifie :
  •     L'envie de « fun »,
  •     La variété du traitement du contenu
  •     L’application du dispositif à un ensemble de stagiaires en présentiel ou en distanciel
  •     La volonté de placer l’apprenant au centre du dispositif, en tant qu’acteur de la formation
  •     La volonté de structurer, dans le temps, la formation par l’alternance de phase d’action et de contenu
  •     Le désir de créer de l’échange entre les participants
Les éléments déterminant pour définir la nature d’un jeu en formation
La création d’un jeu de formation se nourrit d’une analyse précise du contenu et des besoins des clients.
Cette analyse peut porter sur un cahier des charges ou sur une rencontre en vis-à-vis qui permet d’identifier de façon claire les objectifs de la formation et de proposer une solution adaptée.
Cette analyse détermine l’environnement, la cible, l’activité, les objectifs, les contraintes et compétences qui seront utilisés au cours de l’activité ludique.


CIME un programme pour atteindre les sommets du jeu de formation
Pour créer un jeu de formation il faut respecter 4 temps :

C, le constat : Analyser l’existant, les données et le contenu qui seront explorés dans le jeu il faut considérer le savoir, le savoir être et le savoir faire.

I, les intentions : A quoi servira le jeu ? Quels sont les objectifs de la formation ? Il faut considérer l’implicite et l’explicite

M, les moyens : Quels moyens seront mis en jeu ? D’un point de vue financier ? Technologique ? Fonctionnel ? Personnel ?

E, l’engagement : Qui va faire quoi ? Quelles sont les taches des formateurs ? Des experts ? Des commanditaires ? Des stagiaires ? Du prestataire qui crée le jeu ?

Et vous, qu'attendez vous pour jouer en formation ?

mardi 5 janvier 2016

Meilleurs Voeux, meilleurs jeux 1/4

Bonjour en cette année qui commence, je fais un peu de rangement dans mes projets. J'y ai trouvé des jeux faciles à construire soi-même que j'ai décidé de vous proposer.
Je vais commencer avec le plus simple à produire Invincible Armada : une planche, un crayon, une règle, quelques pions de dame ou de go et le tour est joué.

L'invincible Armada


L’Invincible Armada
Composée de 130 vaisseaux et plus de 30000 hommes, l’invincible armada est le nom donné à la flotte espagnole qui devait conquérir l’Angleterre au 16éme siècle. En dépit de l’importance du nombre de ses vaisseaux, l’Espagne perdit sa guerre contre la flotte anglaise plus rapide et mieux armée. L’invincible armada vous propose de jouer tour à tour anglais et espagnols dans cette lutte pour la suprématie sur les océans.
Matériel :
20 pions rouges espagnols
20 pions blancs anglais
Un plateau de jeu de 10 cases sur 10 représentant la mer
Objectif :
Les mouvements et mode de combat de chaque flotte sont différents. Une manche est gagnée lorsqu’un joueur prend 11 vaisseaux à son adversaire on calcule le nombre de point obtenus en soustrayant à 11 le nombre de vaisseaux pris par le perdant. En deux manches, l’une jouée avec les espagnols, l’autre avec les anglais, le joueur qui a obtenu le score le plus important gagne la partie.
Généralités :
Les joueurs jouent un pion chacun à tour de rôle.
Les pions sont posés sur les intersections des cases.
Particularité du joueur espagnol :
Pour prendre des pions à son adversaire le joueur espagnol doit positionner ses pions les uns à cotés des autres en diagonale, en horizontale, ou en verticale.
La ligne formée ne peut pas être une ligne brisée.

Former une ligne permet au joueur espagnol de prendre un pion adverse dans l’alignement de celle-ci.
La portée du joueur espagnol est égale au nombre de pions constituant la ligne.

Dans l’exemple ci-dessus le joueur espagnol à placé son dernier pion de telle manière que 2 vaisseaux espagnols forment une ligne horizontale. Le vaisseau anglais 1 est à portée le vaisseau 2 ne l’est pas.
En posant un pion le joueur espagnol peut augmenter la portée de tir de son ensemble, et prendre un pion adverse, toutefois il ne peut prendre qu’un seul pion, même si 2 pions adverses sont dans sa ligne de tir et à sa portée.

Dans l’exemple ci-dessus le joueur espagnol à placé son dernier pion de telle manière que 3 vaisseaux espagnols soient alignés. Les vaisseaux anglais 1 et 2 sont à portée le vaisseau 3 ne l’est pas. Le joueur espagnol ne peut prendre qu’un seul des deux pions, le 1 ou le 2.
Le joueur espagnol peut poser ses 20 pions sur le plateau, si il ne peut plus poser de pions il peut reprendre en main l’un des pions posé et le replacer à sa convenance sur le plateau.
Particularité du joueur anglais :
Pour prendre des pions à son adversaire le joueur anglais doit aligner 2 pions en horizontale, en verticale, ou en diagonale.
Le joueur ne peut jamais aligner plus de 2 pions.

Le joueur anglais à aligné les pions 1 et 2 qui forment un ensemble. Il ne peut pas ajouter le pion 3 à la suite de cet ensemble.
Lorsque le joueur anglais a obtenu un ensemble de 2 pions il peut choisir, à son tour, plutôt que de poser un nouveau pion, de faire pivoter l’un des pions de cet ensemble autour de l’autre pion plutôt que de poser un nouveau pion.

Les pions 1 et 2 forment un ensemble. Le joueur anglais à son tour peut déplacer le pion 2 autour du pion 1 sur chacune des 7 positions marquées par un point d’interrogation.
Pour prendre un vaisseau espagnol le joueur anglais doit positionner l’un de ses ensembles à coté et en direction d’un pion vaisseau espagnol.

Les pions espagnols 1 2 et 3 rouges sont à coté de l’ensemble anglais formé par les pions 1 et 2. Mais seul le pion 3 est dans l’alignement de cet ensemble. Le joueur anglais ne pourra prendre que le pion 3.
La flotte anglaise est moins impressionnante que l’invincible armada espagnole, mais bien plus mobile. Pour cette raison le joueur anglais ne pourra jamais avoir plus de 5 pions en même temps sur le plateau. S’il a déjà 4 pions libres ne faisant pas partie d’un ensemble il devra poser son 5éme pion à coté d’un de ses pions libres afin de former un ensemble.

Le joueur anglais à 4 pions libres sur le plateau (1, 2, 3, 4). Son 5éme pion doit être posé de telle manière à former un ensemble. Il ne peut pas le poser dans la position du pion 5 en rouge mai il peut le poser en position5 en noir ce qui lui permet de former un ensemble avec son pion 4 et de prendre un pion espagnol. Le joueur espagnol n’a pas de limitation de nombre et peut avoir autant de pions que sa réserve lui permet d’en poser sur le plateau.
Quand un joueur anglais ne peut plus poser de pions, que sa limite de 5 pions sur le plateau est atteinte, à son tour, il doit faire pivoter l’un des pions de l’un de ses ensembles autour de l’autre pion comme défini plus haut.


Fin de manche :
La manche prend fin lorsque l’un des deux joueurs à réussi à prendre 11 pions navires de son adversaire (la moitié des pions plus un). On compte le nombre de points du joueur vainqueur en soustrayant à 11 le nombre de prise du joueur vaincu.
On procède alors à une revanche, en inversant les rôles.

Fin de partie :A l’issue des deux manches est déclaré vainqueur le joueur ayant obtenu le plus de points. Si les joueurs sont à égalité une manche supplémentaire est jouée, dans la configuration de la première manche jouée.

Bon jeu et bonne année !